Sources :
- Wikipédia : Commission Nationale sur les Attaques Terroristes Contre les Etats-Unis.
- Wikipédia : Rapport Final de la Commission Nationale sur les Attaques Terroristes Contre les Etats-Unis.
- Wikipédia : Les Jersey Girls.
- ReOpen 9/11 : Le Gouvernement Bush s'est opposé à ce qu'une enquête ait lieu.

Et le Documentaire : "9/11: Press For Truth"

"9/11 Press For Truth" (11 Septembre 2001)
par ReOpen911

Comme je l'ai écrit dans le précèdent Article, nous allons nous arrêter sur la Commission Kean et plonger un peu plus loin encore dans la dénonciation de ce qui est une manipulation absolument atroce et scandaleuse de la part d'une élite fascisante. J'entends souvent dire que malgré beaucoup de problèmes, la démocratie Américaine est un exemple : je m'inscris en faux contre cette déformation de la vérité. Les Etats-Unis, le pays le plus puissant au monde, est aussi un des pays les plus fascinants et les plus dangereux au monde par la main mise d'une élite qui n'a au très peu de relations avec les personnes formant le fondement du pays. La nation est "lobotomisée" dès le plus jeune age par un système scolaire dont le but premier n'est pas l'éducation, mais le formatage.

Je suis français, j'aime mon pays et je me revendique nationaliste et patriotique. Pourtant, je ne me prive pas de critiquer ce qui doit l'être car la critique constructive n'a qu'un but : aller vers une amélioration des choses. Je suis en désaccord avec beaucoup de gens et beaucoup d'entre vous sur beaucoup de points (politiques, économiques, etc.) et pourtant, vous êtes, pour la plupart, autant concernés par l'avenir du pays que moi. Je ne suis donc pas autorisé a considérer les autres comme des traîtres à la patrie parce que vous êtes Front-Nationalistes, Sarkozyste, Socialiste ou Communistes : on a tous une vision différente et c'est dans le débat que l'avenir du pays se joue, quelles que puissent être par ailleurs nos opinions sur les opinions des autres.

Aux Etats-Unis, si l'on ose s'élever contre les décisions du pouvoir en place, une forte majorité des gens vous considèrent comme antipatriotique. Heureusement que le mouvement pour la vérité vient au départ des familles des victimes elles même car sinon, il y a fort à parier que les contestations de la version officielle n'auraient pas eu beaucoup d'écho.

Ce constat étant posé, on peu maintenant s'intéresser à la Commission Kean.

Comme nous l'avons vu auparavant, le premier président nommé par George Bush pour "diriger" la commission était Henry Kissinger mais celui-ci dût se désengager, par cause de conflits d'intérêts (il aurait du dévoiler les noms de ses clients, dont des Saoudiens, dont des Ben Laden), sous la pression des associations de victimes.

A sa place, Bush a nommé Thomas Kean : pas sur que ce choix ait été plus judicieux. La commission, prétendument paritaire, devait donner l'illusion d'être indépendante.

Thomas Kean : Président

Ancien gouverneur du New Jersey de 1982 à 1990, républicain. Au terme de ses deux mandat, il a exercé la fonction de président de l'université de Drew (Fac privée de la ville de Madison dans le New Jersey) jusqu'à sa retraite, en 2005. Sa réputation de politicien cherchant le consensus l'a fait nommé à la tête de la commission par George W. Bush en remplacement de Henry Kissinger, démissionnaire. Pourtant, s'il pouvait paraître être l'homme de la situation, Thomas Kean n'est pas "tout blanc". Tout d'abord, il est membre du conseil de la National Endowment for Democracy (NED), une association soutenue par le gouvernement et dont le but est de promouvoir l'éducation et la formation à la démocratie à travers le monde. La NED serait également un bras "légal" de la CIA à travers le monde. En outre, Kean est accusé d'entretenir des relations d'affaires avec l'Arabie Saoudite, dont certains soutiens de George W. Bush, de Oussama Ben Laden, ainsi que Khalid Bin Mahfouz, supposément financier de groupes terroristes. Enfin, il est ou a été membre du Conseil d'Administration de diverses Sociétés dont une pétrolière au moins. Tout cela, sans remettre en cause son honnêteté, montre qu'il ne peut qu'être orienté pro-administration Bush.

Lee H. Hamilton : Vice Président

Après presque 35 ans en tant que membre de la chambre des représentants –de 1965 à 1999, Hamilton est devenu conseiller à la sécurité intérieure. Démocrate, il n'y a pas grand-chose à dire sur son compte mis à part qu'il est membre de nombreux conseils consultatifs, dont ceux de la CIA, de la Sécurité Intérieure et de l'Armée.

John Lehman

Banquier d'investissement, républicain, il a été Secrétaire à la Marine sous l'administration Reagan.

Slade Gorton

Ancien sénateur républicain, de 1981 à 1987 puis de 1989 à 2001, on lui a reproché d'avoir des liens étroits avec Boeing, mais également d'avoir représenté plusieurs grandes compagnies aériennes.

Fred F. Fielding

Avocat républicain qui a servi sous différentes administrations (dont celle de Nixon –il fut même un temps soupçonné d'être le fameux Gorge Profonde, informateur secret de Woodward* et Bernstein dans les révélations du Scandale du Watergate), il serait un proche de Dick Cheney depuis de longues années. Il a également fait du lobbying pour United Airlines.
(* A ce sujet, le prestige de Woodward et Bernstein est immense car le travail qu'ils ont produit sur le Scandale du Watergate est un exemple pour tout le monde. Pourtant, Bob Woodward a récemment prétendu, dans une interview que vous pouvez voir ici qu'il n'y a pas de "conspiration du 11 septembre". – NdDarb')

James R. Thompson

Ancien gouverneur républicain de l'Illinois entre 1977 et 1991, Il n'y a rien à lui reprocher.

Richard Ben-Veniste

Connu pour avoir été un des principaux avocats à charge dans l'affaire du Watergate, ce juriste démocrate a également fait partie de la commission du Sénat dans l'affaire Whitewater, scandale immobilier dans lequel ont été impliqué Bill et Hillary Clinton. A priori propre, il a toutefois un conflit d'intérêt avec la commission du 11 septembre car il est associé dans un cabinet d'avocats représentant Larry Silverstein contre ses assureurs. Il a en outre des connexions avec Boeing et United Airlines.

Jamie Gorelick

Adjointe du Ministre de la Justisce des Etats-Unis sous Clinton, cette juriste démocrate s'implique souvent dans les affaires désastreuse du pays. A l'heure actuelle, elle représente BP suite à la marée noire en Louisiane. Concernant la commission, elle ne souffrait pas d'un quelconque conflit d'intérêt.

Max Cleland

Vétéran du Viêt-Nam, décoré de la "Silver Star"* et de la "Bronze Star"* pour ses hauts faits d'armes et amputé d'un bras et de ses deux jambes, cet ancien sénateur démocrate aurait reçu plus de 300 000 dollars en tant que représentant de diverses industries aériennes. Cependant, pour sa défense et contrairement à ses collègues, Max Cleland a été le seul à se désolidariser du mode de fonctionnement de la commission et de ses conclusions, allant jusqu'à démissionner en Novembre 2003, en disant : "Je... ne peux regarder aucun américain dans les yeux, spécialement les membres des familles des victimes, et dire que la commission a carte blanche. Cette enquête est maintenant corrompue". Il justifia donc sa démission par : "Je ne participerai pas à une approche partiale de la collecte de données. Je ne participerai pas une production précipitée de résultats. Je ne participerai pas aux pressions politiques pour faire ceci ou cela". Depuis sa démission, Max Cleland est devenu un opposant farouche à la guerre en Irak (pour laquelle il avait pourtant voté –déclarant plus tard avoir été "dupé") et à George W. Bush alors qu'il avait toujours été un démocrate (très) modéré.
(* Etoile d'argent et étoile de bronze – décorations militaires de l'armée américaine. – NdDarb')

Bob Kerrey

Egalement vétéran du Viêt-Nam, rien de particulier n'est à dire sur cet ancien gouverneur et sénateur du Nebraska, remplaçant de Max Cleland au sein de la commission.

Timothy J. Roemer

Membre de la chambre des représentants entre 1991 et 2003, cet avocat est connu pour être également un représentant de Lockheed et Boeing.

Philip Zelikow : Directeur Exécutif

Nous avons déjà parlé de cet ancien diplomate républicain, beaucoup trop proche de la Maison Blanche et possédant en réalité tous les pouvoirs au sein de la commission. J'aurais du le classer parmi ceux que j'ai appelé les "Grands Requins Blancs".

En lisant le cursus de 7 membres sur 10 de la commission, on peut effectivement douter de son impartialité... Nous allons donc nous intéresser à son travail.

Pour parler du travail de la commission, il faut commencer par parler de sa genèse et des Jersey Girls. Les Jersey Girls sont 4 femmes habitant le New Jersey (face à New York donc) ayant perdu leur mari ou fils dans les attentats.


De Gauche à droite : Patty Casazza, Lorie Van Auken, Mindy Kleinberg, Kristen Breitweiser.

Ces 4 femmes, bientôt rejointes par d'autres membres d'autres états (dont un certain Rob McIvaine, devenu depuis un des principaux porte drapeau des familles de victimes et une des personnes connaissant le plus de choses sur les attentats), ont milité, fait du lobbying, accepté de mettre leurs souffrances en place publique afin que les médias s'intéressent à elles. Finalement, elles ont fini par convaincre et obligé l'administration Bush à faire passer la loi de création de la commission en Novembre 2002, soient 441 jours après le 11 septembre. A titre de comparaison, la commission d'enquête sur l'assassinat de John F. Kennedy a été créée en 7 jours et celle concernant l'attaque de Pearl Harbour en 9 jours.

Cependant, un des verrous que Bush a tenté de mettre en place est au niveau du budget : il a alloué 3 millions de dollars. Quelques montants alloués à diverses commissions d'enquêtes :
- 1986, Accident de la Navette Challenger : 75 millions de dollars.
- 1998, Affaire Monica Lewinski : 40 millions de dollars (plus de 100, si on intègre les frais de justice engagés par le procureur républicain Kenneth Starr).
- 2004, Accident de la Navette Columbia : 50 millions de dollars.

Il a en outre donné un temps de vie limité à la commission : elle avait 12 mois pour faire toute la lumière sur les attentats. Mis sous pression encore une fois, il a daigné la prolonger à 16 mois. Il a également augmenté le budget à 14 millions de dollars.

La première audience s'est tenue en Mars 2003. Les Jersey Girls avec d'autre membres des familles de victimes se sont regroupées en Comité de Surveillance de la Commission. Ce comité permettait, par un roulement de ses membres, d'assister à tous les débats de la commission mais aussi de transmettre des questions nécessitant des réponses à ses membres.

La plupart de ces questions ont été ignorées et les familles de victimes ont commencé à se sentir amères, frustrées et en colère. Zelikow avait le pouvoir de dire quelles personnes seraient interrogées et dans quelle direction il fallait chercher. Quand les familles de victimes et les Jersey Girls ont découvert qui était Zelikow, elles ont demandé sa démission. Malheureusement, Zelikow a refusé et, encore plus grave, Thomas Kean a totalement rejeté les accusations de conflits d'intérêts le concernant...

Par ailleurs, la Maison Blanche a continué de mettre des bâtons dans les roues de cette commission (si tant est qu'on ne la considère pas comme complice). Les membres n'ont reçus qu'une infime partie des documents requis, noyés dans des centaines de documents inutiles et dans des temps qui, au mieux ne permettaient pas l'analyse, au pire étaient après la deadline. Enfin, concernant les documents classifiés, seuls 2 membres furent autorisés à les lire, les analyser et retransmettre leur contenu aux autres membres : Philip Zelikow et Jamie Gorelick. La Maison Blanche s'est en outre arrogé le droit de vérifier et censurer ces comptes rendus. C'est cet état de fait qui a fait démissionner Max Cleland et s'interroger, dans une interview que vous pouvez lire ici, si vous n'avez pas peur de l'anglais, sur pourquoi Bob Woodward* a un meilleur accès aux documents de la Maison Blanche que les membres de la commission ("Pensez à ça"), a démoli Bush sur l'Irak ("Nous avons un véritable désastre sur les bras") alors qu'ils concevaient une stratégie de sortie ("Ils sont en train de faire de l'Irak le 51 e état"). Cleland a également parlé des "politiciens démocrates troubles" qui ont été élus dans le sud.
(* On revient au célèbre Bob Woodward, qui par son aura, a ses entrées presque partout à Washington. – NdDarb')

Le plus triste était que les mass médias ne couvraient pas les auditions, ne retransmettaient pas cette frustration et donc, que la plupart des américains ne connaissaient pas cet état de fait. Mais la situation changea avec la sortie du livre "Contre tout ennemi" écrit par Richard Clarke et son témoignage. Dans sa confession, il est le premier haut responsable de l'administration Bush à avoir assumé ses fautes et présenté ses excuses aux victimes. Dans son livre, il narre ce qui s'est passé dans les coulisses de la la Maison Blanche et dans sa déposition devant la commission, il déclare fermement : "A tous les proches des victimes du 11 septembre, votre gouvernement vous a laissé tomber. Ceux qui devaient vous protéger vous ont laisser tomber, et JE vous ai laissé tomber". Le témoignage de Richard Clarke a obligé Bush, Cheney et Rice a témoigner devant la commission, ce qu'ils avaient refusé de faire jusque là.

Le rapport final de la commission est donc à l'image des débats, rapportés par les familles de victimes : il contourne certains des problèmes les plus essentiels et les vérités qu'il livre, que Mindy Kleinberg évalue à 30% du total, sont celles qui étaient déjà connues et que la commission ne pouvait en aucun cas réfuter.

Voila, depuis le départ de ces articles, je prétends que le travail de la commission n'est pas sérieux. Il était temps que j'explique pourquoi.

La question qui se pose, c'est pourquoi, avec tous ces doutes entourant le travail de la commission, les médias dans leur ensemble critiquent tant le désir de plus en plus de gens de voir une nouvelle commission d'enquête créée ? La réponse que j'ai déjà donnée est simple : les grands groupes de presse appartiennent soit aux états, soit à des gens faisant partie de ce monstrueux panier de crabes. En clair, un journaliste, même le plus honnête qui soit, ne prendra jamais le risque d'aller contre son employeur tant que déontologiquement, il n'y est pas obligé.

Si vous avez l'occasion, lisez "Les fous du président", deWoodward et Bernstein à propos de leur enquête sur le scandale du Watergate. Au début des années 70, la presse était probablement beaucoup plus libre que maintenant parce que moins sujette au capital (on était encore dans les 30 glorieuses) mais déjà, à l'époque, vous pourrez voir que Woodward et Bernstein n'ont été jusqu'au bout qu'en prenant de gros risques pour leur carrière et parce que leur rédacteur en chef, Ben Bradlee, qu'on oublie très souvent, les a soutenu et défendu contre le propriétaire du journal...

Moi, je trouve que ça fait froid dans le dos !!!